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Les Architectures monétaires.

Les différentes initiatives de monnaies complémentaires peuvent être regardées au travers de leur "architecture monétaire : unité de compte utilisée, mode d’émission monétaire, existence ou non d’un dispositif de fonte, etc...

Ces éléments d’architecture monétaire permettent de comprendre comment fonctionne le système et ce qu’il permet.

 

L’unité de compte.

  • Une unité de compte qui fait référence à la monnaie officielle (une unité de monnaie complémentaire = un euro).

C’est le cas par exemple pour la majorité des monnaies à vocation économique ou territoriale, puisqu’elles côtoient la monnaie officielle dans l’activité, et que les références économiques sont en monnaie officielle.

  • Une unité de compte en « temps »

C’est le cas de la majorité des monnaies à vocation sociale (SEL, Banques du temps, etc..)
 

  • Une unité de compte basée sur un produit de référence, un panier de matières premières, ....

 

Les modalités d’émission monétaire.

  • Ancrage sur les monnaies officielles :
  • Cela concerne principalement les monnaies complémentaires circulant dans la sphère des activités économiques.
  • Il n’y a pas de création monétaire en soi, mais une orientation de la monnaie officielle vers des activités particulières. La monnaie complémentaire est obtenue par échange contre de la monnaie officielle. Celle-ci constitue alors un "fonds de garantie" égal au montant de monnaie complémentaire en circulation. La monnaie peut être reconvertie en monnaie officielle, selon certaines conditions.
  • Dans un certain sens, ce type de monnaie complémentaire pourrait être décrit comme un « tampon » apposé à la monnaie et qui permettrait de diriger son utilisation (puisqu’elle ne peut être utilisée que dans le réseau l’acceptant). D’un autre coté, la monnaie officielle "gagée" en banque élargit le spectre d’action, par la possibilité d’utiliser le "fonds de garantie" constitué en monnaie officielle pour appuyer des activités à caractère solidaire.
  • Le crédit mutuel.
  • La monnaie est créée « tout simplement » par l’échange de biens ou de services entre participants (crédit / débit des comptes correspondants, équilibre général du système)
  • Cette création est en lien étroit avec l’activité elle-même car sa création se fait sur la base d’un échange de biens ou de services réels.
  • Exemples : Systèmes à base temps (comme les SELs), mais aussi systèmes à vocation économique d’échanges inter-entreprises comme le Wir et les systèmes Barter.
  • Le crédit simple
  • C’est à dire l’attribution de prêts en monnaie complémentaire par la "banque" chargée de gérer la monnaie complémentaire (activité de crédit "classique", création monétaire ex nihilo, la monnaie étant détruire lors du remboursement du crédit).
  • C’est le cas du WIR, puisque la banque WIR propose également des prêts "classiques", ou encore du micro-crédit proposé par le Palmas
  • Monnaies émises par un « agent ».
  • Ce sont des monnaies « d’impulsion », on injecte une certain montant de masse monétaire pour permettre que les échanges se fassent, ou à tout le moins qu’ils démarrent en donnant à chacun la possibilité de faire la première transaction.
  • C’est le cas de certains cercles d’échange où chacun se voit recevoir, à son « entrée », un certain nombre de points. C’est le cas également, dans une certaine mesure, de certaines monnaies mixtes.
  • Par exemple, les Calgary dollars (Canada) sont une monnaie "fiat", émise par le centre d’animation Arusha, sur la base de la confiance des membres du réseau à l’utiliser. En termes fiscaux, ces initiatives s’appuient sur les législations des "barters" (systèmes de crédit mutuel).

 

La "fonte"(en anglais, "demurrage")

Dans un certain nombre de cas, la circulation de la monnaie est garantie par un système de « fonte ». Au début de chaque trimestre, pour que la monnaie reste valable, chaque bon doit recevoir un timbre dont le prix équivaut en général à 2% de la valeur du bon. Ce système pousse à utiliser la monnaie complémentaire (en ne favorisant pas l’épargne). En général, le coût de la fonte est pris en charge par les commerçants qui l’assimilent à des coûts marketing. Le système est bien expliqué dans l’exemple du Chiemgauer.